Qusra tient bon face aux colons

27062013

 

 

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Ici, la bâtisse de la famille Mohamadieh Bairoute Hassan cassée à coups de pierres par les colons. Les propriétaires attendent que le Croissant Rouge vienne constater les dégâts avant de reconstruire et d’ajouter des portes et des fenêtres.

 

Claire, Shadi et moi nous sommes rendus à Qusra à la fin du mois de mai. Depuis, il y a eu trois attaques de colons, à deux reprises, ils s’en sont pris à des paysans du village qui voulaient se rendre sur leurs terres pour les cultiver. Le dernier méfait concerne une dégradation de biens. Contactés par notre ami Abdelatheem Owda, nous nous sommes rendus sur place pour constater les dégâts.

Dimanche 16 juin, la famille Mohamadieh Bairoute Hassan, propriétaire d’une parcelle de terre au Sud de Qusra a découvert que les colons étaient venus dans la nuit de vendredi à samedi pour casser cinq jeunes oliviers et la nouvelle  bâtisse achevée une semaine auparavant.  

 

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Deux des cinq jeunes oliviers, âgés de cinq ans, cassés par les colons ce dimanche 16 juin. Les propriétaires de cette terre située au sud de Qusra ont déjà subi cinq attaques depuis 2010.

 

Les colons ont bien compris l’enjeu du nouveau projet initié par la mairie et les paysans de Qusra, soutenu par le consulat de France.

Au cours de l’année 2012, Abdelatheem Owda, maire de Qusra, a songé à une nouvelle modalité d’action pour lutter contre l’expansion des colonies et le vol des terres par le gouvernement israélien : construire vingt bâtiments sur l’ensemble les terres du sud du village, c’est-à-dire, celles qui sont les plus souvent exposées à la violence des colons.

De cette façon, les habitants espèrent contre -carrer l’argument israélien prétendant que chaque terre en jachère (réellement ou non) revient à l’occupant. Une autre disposition, héritée comme la première de l’Empire ottoman, prévoit que si un paysan (un colon) cultive une terre non enregistrée durant sept ans, celle-ci lui revient. Donc si l’armée israélienne empêche les paysans palestiniens d’accéder à leurs propres terres pendant sept années, il est ensuite aisé de les donner aux colons. 

« C’est au mois de septembre que les avions chargés de prendre des photos et de surveiller l’activité des terrains survolent le village. C’est une époque de l’année où les terres sont très peu cultivées et ils se servent de cela pour justifier le vol des propriétés », raconte Abdelatheem Owda.

A Qusra, les colons et l’armée tentent de terroriser les paysans pour qu’ils ne viennent plus sur leurs terres.

La construction de bâtiments sur les parcelles de terres est aussi un frein à l’implantation de nouvelles colonies ou à l’extension de celles déjà existantes autour du village. Car il est plus compliqué de voler une terre à la fois cultivée et habitée.

Le Consulat de France a financé une partie du projet à hauteur de 8000 euros (environ 39 000 ILS) à diviser entre vingt propriétaires. La mairie de Qusra vient en aide aux paysans les plus modestes en complétant ce financement à hauteur de 300 euros.

L’électricité est également fournie par la municipalité et une aide logistique peut être apportée pour ceux qui souhaitent être raccordés au réseau d’eau.

Il y a une semaine, la mairie a signé un contrat avec chaque paysan, chacun d’entre eux s’engage à construire sa propre bâtisse sans l’intervention d’entreprise extérieure.

La famille Mohamadieh Bairoute Hassan fait partie des familles concernées par ce nouveau projet. Leur terre a été la cible de cinq attaques de colons depuis 2010.

Les propriétaires de la parcelle voisine ont refusé la construction de leur bâtisse par peur de représailles de la part des colons. « Ils ont peur de tout perdre », explique Abdelatheem Owda.

Deux autres propriétaires de parcelles situées en zone C (contrôle israélien) se sont fait menacer et insulter par les colons. La police israélienne s’est également rendue sur place pour leur ordonner de cesser toute construction.

 

 

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Abdelatheem Owda, le maire de Qusra, entouré des deux paysans propriétaires des terres classées en zone C par l’armée israélienne. Ils ont été menacés par les soldats et les colons dès le début des travaux. Pour le moment, la construction a été suspendue en les deux hommes tentent d’obtenir un permis de construire.En arrière-plan, une patrouille de l'armée israélienne. Les soldats se relayent nuit et jour sur cette colline située au sud du village, ils ont donc été témoins de l'attaque perpétrée par les colons.

 

Notre ami Abdelatheem a contacté les médias et de nombreux organismes palestiniens et internationaux afin que chacun vienne constater les dégâts. Le dimanche 16 juin, alors que le maire, accompagné d’une centaine d’habitants du village, expliquait la situation devant les caméras, cinq véhicules de l’armée israélienne, ainsi qu’un de l’administration militaire sont arrivés.

Devant les journalistes, l’armée a assuré vouloir mener une enquête pour identifier les criminels responsables des dégradations sur la parcelle de terre. Cependant le maire et les habitants de Qusra ne sont pas dupes. Une patrouille de l’armée israélienne est constamment postée juste en face du terrain où se sont déroulés les faits, ce qui laisse entendre que la force d’occupation a nécessairement vu ce qui s’est passé.

« J’ai encouragé cette famille à porter plainte au commissariat israélien de Beit Eil . Elle va également demander un permis pour entrer au commissariat d’Huwara qui traite les affaires concernant les zone A et B (1) car il est plus proche. Il s’agira de la 28ème plainte déposée par un habitant de Qusra contre les violences et dégradations de l’occupant. Les deux autres paysans propriétaires de parcelles en zone C et menacés par les colons vont également se rendre au bureau central de la police israélienne pour faire un signalement », explique Abdelatheem Owada.

Dans une parcelle voisine, Fatah Abu Raideh et sa famille travaillent leur terre. « Cela fait douze ans que nous cultivons nos figuiers, nos oliviers et nos vignes. Mon frère et moi, aidés de toute la famille, avons entamé la construction d’une maison comprenant une salle de bain, une terrasse et une chambre sur cette terre il y a trois semaines. C’est notre droit. La différence avec les colons, c’est qu’eux construisent sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Si nous avons choisi de participer au projet de construction, c’est parce que je veux faire quelque chose qui confirme mon existence. Nous espérons achever la maison avant le début du ramadan (aux environs du 10 juillet 2013) », explique l’homme.

Cette famille se souvient très bien qu’en 2011, six colons étaient venus se baigner dans leurs puits pour souiller l’eau.

Les habitants de Qusra les avaient d’ailleurs arrêtés avant d’appeler le gouverneur de Naplouse qui leur avait conseillé de les relâcher. Une fois chose faite, l’un des colons avaient tiré sur les villageois, blessant l’un d’entre eux.

En 2012, les colons avaient également saccagé plusieurs oliviers âgés d’une quinzaine d’années appartenant à la famille Fatah Abu Raideh.

« Les colons veulent s’en prendre à tout ce que nous avons. Mais si l’on se défend, c’est tout notre village qui va payer », ajoute le paysan. 

La famille Mohamadieh Bairoute Hassan, dernière cible des colons, va reconstruire ce qui a été détruit et ajouter des fenêtres et des portes à la bâtisse. Elle attend que le croissant rouge vienne constater les dégâts.

 

 

 

 

 

 

 

Elsa GRIGAUT. Photos Claire GOULOIS. Avec l’aide précieuse de Shadi.

1 : Zone A : Officiellement, l’autorité Palestinienne y exerce une pleine souveraineté (environ 3% de la Cisjordanie.

Zone B : officiellement, s’applique à 27% de la Cisjordanie. L’administration civile est gérée par l’Autorité Palestinienne tandis que les autorités militaires israéliennes contrôlent le territoire.

Zone C : s’applique au reste de la Cisjordanie. L’Autorité Palestinienne n’y exerce aucune souveraineté.




Un 1er mai à Qusra

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Comme vous le savez peut-être, Claire et moi sommes à Naplouse jusqu’en juillet. Nous avons souhaité rendre visite à notre ami Abdelatheem Owda, maire de Qusra. Il était venu en novembre dernier à Lille pour témoigner lors de la semaine de la solidarité internationale. Nous avons profité d’un jour de congé pour nous rendre au village. Shadi, volontaire francophone depuis plusieurs années à Project Hope, nous accompagnait en tant que traducteur.

En fin de matinée, nous avons été chaleureusement accueillis à la mairie de Qusra par Abdelatheem Owda ainsi que par un autre membre du conseil rural. Ce fut l’occasion d’évoquer les conditions de vie des habitants du village face à l’occupation et à la colonisation. Lorsqu’on l’interroge sur la situation de Qusra quelques mois après sa venue à Lille, Abdelatheem nous énumère la longue liste des agressions perpétrées par l’armée et les colons israéliens. Il n’omet rien.

Entre décembre 2012 et janvier 2013, 630 arbres ont été brûlés. Durant cette même période, les villageois ont subi 48 agressions de la part des colons. Le maire rappelle : « depuis octobre 2010 à fin 2012, 2400 de nos arbres ont été détruits par les colons, 18 moutons ont été égorgés et la mosquée a été brûlée le 6 septembre 2011 ». Le 10 janvier 2013, c’était l’hiver, la neige était tombée sur Qusra. Sameer, un jeune de 20 ans s’amusait avec des amis au sud du village. Trois colons sont arrivés et ont tiré sur les lampes qui bordent la route qui mène à Qusra. Ils ont également tiré sur le jeune homme. Touché à la jambe, Sameer est maintenant handicapé. Des affrontements ont ensuite éclaté entre les jeunes de Qusra et les colons. L’armée israélienne est arrivée et a utilisé des gaz lacrymogènes en grande quantité pour disperser les villageois.

 

Abdelatheem Owda recense et photographie chaque agression physique et destruction de bien perpétrées par les colons à l’encontre des habitants de Qusra.

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Au cours de l’hiver, les colons ont détruit 200 oliviers. Les habitants du village ont donc décidé de replanter des arbres avec les enfants. Grâce à l’aide de l’ONG « Human rights watch », aux entreprises palestiniennes, à certaines entreprises israéliennes, mais aussi grâce à la solidarité des habitants de Jénine et des militants d’ISM, des activités ont été organisées pendant trois mois : 2100 oliviers ont été replantés. « Le problème, c’est que la mentalité des enfants a changé. Ils ne comprennent pas l’intérêt de cette action car pour eux, les arbres vont être détruits par les colons. Les enfants disent que si l’on détruit nos oliviers, il faut détruire ceux des colons. S’ils nous agressent, il faut les agresser », raconte Abdelatheem. Notre ami est inquiet concernant le bien-être des enfants du village. Tous sont traumatisés à cause des incessantes agressions des colons et de l’armée d’occupation. « Ils font beaucoup de cauchemars et n’osent pas sortir seuls quand la nuit commence à tomber ». Les enfants d’Abdelatheem refusent de dormir dans certaines pièces de la maison, conséquences d’incursion de l’armée israélienne en pleine nuit dans la demeure familiale. Certains enfants d’une famille qui vit à l’entrée du village dans une maison construite par leur père dans les années 70 ne dorment plus dans la maison de leurs parents. Si à l’époque il n’y avait pas de colonie aujourd’hui celle de Majdolin se situe à seulement 150 mètres de chez eux. Ils ont trop peur et sont hébergés par un cousin à l’ouest du village.

Un jour de février 2013, à 1h du matin, un agent des renseignements généraux israéliens pénètre dans la maison d’Abdelatheem. « Il m’a demandé quelle solution je proposais pour qu’il n’y ait plus de tensions avec les colons. J’ai dit qu’il fallait qu’ils arrêtent d’agresser les enfants et tous les habitants du village. Il m’a répondu que c’était moi qui les provoquais. Puis il m’a dit d’arrêter ces fameuses « provocations » ou bien il reviendrait », se souvient le maire de Qusra. Le 20 février 2013, le réseau d’électricité du village est détruit par les colons. L’agent des renseignements généraux israéliens revient et dit à Abdelatheem : « Oublie les oliviers et la terre de Qusra ». Le lendemain, un policier appelle le maire du village pour lui demander l’autorisation d’entrer à Qusra, officiellement pour « enquêter sur la destruction du réseau d’électricité ».  «J’ai dit que les habitants étaient trop en colère et qu’il était préférable d’attendre quelques jours. J’ai contacté le gouverneur de Naplouse, il était d’accord avec moi. Mais deux minutes plus tard, la police israélienne était là. Ils n’ont même pas pu descendre de leurs voitures, tous les habitants leur lançaient des pierres».

 

 

En février dernier, le réseau d’électricité de Qusra a été entièrement détruit par les colons.

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Le 23 février dernier, une vingtaine de colons d’Esh Kodesh et de Shilo, armés de fusils, fait une descente dans le village de Qusra. Ils attaquent les maisons situées à la périphérie du village, brisent les fenêtres à coups de pierres. Les jeunes du village se précipitent pour défendre leurs maisons et affrontent les colons, qui leur tirent dessus : 26 Palestiniens blessés, dont Helmi Abdul Azeez Hassan. L’homme est d’abord transféré à l’hôpital de Naplouse qui n’est pas en mesure de lui fournir les soins adéquats. Le croissant rouge intervient et parvient à négocier pour qu’un hélicoptère israélien puisse emmener le blessé à l’hôpital de Jérusalem. Rami Hassan, un adolescent de Qusra est blessé aux yeux par une balle de l’armée israélienne et son père est touché au bras alors qu’il brandissait une branche d’olivier cassée par des colons. Ces derniers pénètrent également dans la maison d’Abdelmajid Hassan, un autre habitant du village (sud de Qusra). Ils séquestrent toute la famille, tout en tirant à balles réelles dans la maison et en les menaçant de mort. Déjà en 2011, Abdelmajid avait été blessé à la jambe par une balle tirée par l’armée israélienne.

Dans la nuit du même jour, 6 voitures ont été incendiées par les colons. Un des criminels a perdu sa carte d’identité sur les lieux. Renseignements pris, il s’agissait d’un soldat, âgé de 19 ans, en congés. Depuis cette date, l’armée israélienne est présente au sud du village chaque jour. Au lendemain de l’attaque, Abdelatheem parle de l’affaire aux médias. Peu après, le maire est appelé par les renseignements généraux israéliens qui le menacent et exigent qu’il restitue la carde d’identité. Abdelatheem refuse et remet le document au gouverneur de Naplouse. La police israélienne a publié un communiqué en expliquant que la destruction du réseau d’électricité ainsi que les voitures brûlées étaient un mensonge et qu’il ne s’était rien passé. Ils ont ajouté que les habitants de Qusra avaient attaqué la police. Le lendemain, des médias israéliens sont venus enquêter. « Nous avons évoqué les attaques quotidiennes des colons. Et, justement, ce jour-là, deux ânes du village ont été volés par eux», se souvient Abdelatheem. Le journaliste s’est rendu dans la colonie d’Esh Kodesh et a retrouvé les deux bêtes. Quand il a interrogé les colons à ce sujet, ils lui ont répondu qu’ils avaient été achetés à un Palestinien.

La liste des vols, des agressions verbales, physiques, des destructions d’oliveraies ou de tout autre bien n’en finit plus de s’allonger. Il n’y a pas de répit pour les habitants de Qusra.

« Il y a quatre mois, un paysan du village qui s’appelle Akram était en train de cultiver sa terre au sud, la nuit commençait à tomber. Il a aperçu un groupe de jeunes à quelques mètres de lui mais il n’arrivait pas à distinguer s’il s’agissait de colons ou de Palestiniens. Alors, il leur a demandé. En guise de réponse, ils l’ont insulté lui et notre prophète. Les colons l’ont ensuite frappé à la tête et aux bras avec une barre de métal jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Jusqu’à aujourd’hui, Akram ne peut plus utiliser ses bras », raconte le maire. Le 21 mars 2013, les colons ont attaqué une maison isolée du village en incendiant un arbre à proximité, ainsi qu’une voiture qu’ils ont auparavant encastrée dans la maison.

« Le début de l’année 2013 est la pire que nous avons connu jusqu’à présent. Les agressions des colons et de l’armée israélienne sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes », commente Abdelatheem. Les tensions les plus vives sont au Sud du village là où se trouvent les colonies d’Esh Kodesh( environ 26 colons), Achia (une vingtaine de colons) et Shilo.

« J’encourage toujours les habitants à porter plainte quand ils sont victimes des colons mais pour cela, il faut se rendre dans un poste de police israélien et les Palestiniens y sont maltraités, menacés afin qu’ils abandonnent toute idée d’obtenir justice ». Poursuit-il.

Pour les jeunes garçons de Qusra, se déplacer en dehors du village est synonyme d’ennuis. A chaque check-point, si leur identité est relevée, ils sont certains de subir un interrogatoire où les violences verbales et physiques sont coutumières. L’armée prend leur numéro de téléphone (la carte sim permet d’être localisé à chaque instant). Ils sont ensuite relâchés à un autre check-point situé très loin de l’endroit où ils souhaitent se rendre initialement. Abdelatheem nous explique qu’il est arrivé à plusieurs reprises que l’armée fasse circuler des rumeurs auprès des habitants en affirmant que certains jeunes arrêtés étaient devenus des indicateurs pour le compte de l’occupant. Cette stratégie de division est un échec face à la solidarité des villageois.

A Qusra, les incendies d’oliviers, de voitures, de maisons ou encore de la mosquée sont récurrents. La base de pompiers la plus proche se situe à 30 minutes en voiture du village (du côté de Burin). Le temps d’intervention est donc très long. Il y a un mois, le conseil rural du village a passé un accord avec une brigade de pompiers : un terrain a été acheté (17 000 dinars jordaniens) par le conseil sur les terres de Qusra pour y établir une base. « L’argent que nous avons déboursé pour ce projet devait initialement être utilisé pour construire une école au sud du village. Mais nous avons ajourné ce projet pour faire face aux problèmes de sécurité quotidiens », explique notre ami.

Abdelatheem nous a invités à déjeuner chez lui. « Tout ce qui est posé sur ma table vient de ma terre. Mon père possédait 40 dunams, il m’en reste quatre. Dans quelques années, si la colonisation continue, nous ne pourrons plus vivre grâce à nos terres et c’est les ONG qui nous donnerons à manger ».

Mise à jour : Après notre départ de Qusra, l’armée israélienne a fait une incursion au centre du village suscitant la colère des villageois. Aux jets de pierres, la force d’occupation a répondu par des tirs à balles réelles.

Claire et moi, accompagnées de nos amis Ala’a et Shadi, sommes retournées à Qusra le vendredi 3 mai. Abdelatheem nous a expliqué que le village a accès à deux stations de pompage d’eau. L’une est située à l’entrée du village, l’autre au sud. La première puise l’eau dans une source qui alimente Qusra et la colonie de Majdolin, l’autre est utilisée pour cinq villages palestiniens dont celui de Qusra En début d’après-midi, l’armée israélienne a coupé l’eau de la première et la seconde s’est vidée très vite.

 

 

Cet homme attend depuis plusieurs heures que l’eau soit rétablie pour subvenir
aux besoins de toute sa famille .  

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Vendredi 3 mai, les habitants de Qusra n’avaient donc plus d’eau potable. Le maire nous explique que durant l’été, les coupures d’eau de la station à l’entrée du village sont très fréquentes. Dans ces cas- là, il ne reste que la seconde qui dessert cinq villages. Cette dernière est souvent à sec.

Un peu plus tard dans l’après- midi, un habitant du Sud de Qusra appelle Abdelatheem pour lui demander de venir. Nous l’accompagnons. Quand nous arrivons sur place un colon en quad est à quelques centaines de mètres de la maison. Trois véhicules de l’armée sont stationnés non loin de là. Ils font mine de nous ignorer mais arborent fièrement leurs armes. Après quelques minutes, ils sont partis.

Elsa GRIGAUT. Photos Claire Goulois. Avec l’aide précieuse de Shadi




QUSRA : nouvelles attaques de colons

21012013

Depuis quelques semaines les incidents se multiplient à QUSRA. Des douzaines de colons de l’avant-poste d’Esh Kodesh, ont effectué un raid vendredi 18 janvier contre le village. Selon l’agence de presse palestinienne Ma’an news, ils ont arraché et détruit plus de 200 oliviers. La veille,  ils avaient blessé par balle un habitant du village.

Sur la photo, on voit Abedelatheem OWDA, le maire du village que nous avons invité à Lille en novembre dernier, constater les dégâts.

http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=555158

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Photo Calum Toogood.

En cliquant sur ce lien retrouvez une vidéo du 2 janvier dernier  http://youtu.be/ngRwEHShH2k en colonne de droite des photos de Qusra début janvier




Un JUMELAGE pour nos villages !

26112012

L’appel des maires d’AWARTA et de QUSRAUn JUMELAGE pour nos villages ! dans Action de solidarité img_7695-300x200

Aidez-nous à trouver une ville ou un village qui puisse se jumeler avec nos villages ! C’est le souhait des Maires d’Awarta et de Qusra qui viennent de quitter notre région pour rentrer en Palestine. Pendant une dizaine de jours, ils ont rencontré des associations, des élus et de nombreux citoyens* auprès desquels ils ont témoigné en toute simplicité de leur quotidien. Un quotidien sous occupation, un quotidien empoisonné par la colonisation israélienne qui est aux portes de leurs villages au sud de Naplouse.

Leurs demandes ? A l’image des villes de Lille et Naplouse ils souhaitent un jumelage dont le but serait de les aider à nouer des contacts en premier lieu pour leurs enfants. Pour leurs enfants, très souvent au coeur de leurs discussions. Pour permettre aux enfants d’Awarta et de Qusra d’échanger, d’ouvrir les yeux sur un autre monde, d’oublier un peu un quotidien que l’affection des parents ne suffit pas toujours à rendre supportable.

Venez en Palestine !

« Venez nous voir à Awarta et à Qusra ! » Venez surtout pendant la période du ramassage des olives en octobre (nous reparlerons de cette demande précise)

La fin de la SSI, LE DEBUT DE NOUVELLES ACTIONS !logossi-ev-jaunedateextnoire-court-hdef-e1352116989160-150x150 colonisation dans Action de solidarité

Samedi, à Lille la salle Philippe Noiret a accueilli de 16 à 22 h, des Lillois venus à leur rencontre. Mme Bresson adjointe au Maire de Lille est intervenue en début de réunion. Après une présentation intitulée « qu’est-ce que la colonisation ? » et la projection d’un film, le débat a permis à M. AWAD, à M. OWDA ainsi qu’à M. IBRAGHITH, premier conseiller à la Mission de Palestine à Paris d’intervenir en présence d’un public chaleureux.

La soirée se termina en musique avec Sarah Clenet, Joannes Baltes, Nicolas Duchez et Salam Ismael, joueur de oud.

Claire a lancé, au nom d’ALN un appel pour les enfants des prisonniers.  A la demande du club des prisonniers de Naplouse il s’agit d’offrir des jouets aux enfants de prisonniers, le 17 avril prochain à l’occasion de la Journée internationale des Prisonniers palestiniens.  Un groupe d’adhérents de l’association se rendra à Naplouse à cette occasion, achètera des jouets et en assurera la distribution. Les dons pour l’achat de jouets sur place à Naplouse sont à adresser à Amitié Lille naplouse 72 rue Royale 59000 – Lille (chèque à Amitié Lille Naplouse Solidarité)

 

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MM. OWDA, Maire de Qusra, Mounir interprète, M. AWAD Maire d'Awarta et M. IBRAGHITH dela Mission de Palestine à Paris

 

*Ils ont été accueillis à Roubaix, Wattrelos, Dunkerque, Calais, Boulogne et Lille, voir les articles ci-dessous, par les associations suivantes : AFPS roubaix Tourcoing, Association Franco-Palestinienne Dunkerque Gaza, Amitié Calaisis Palestine, Collectif Palestine Côte d’Opale et Artisans du Monde - Boulogne, et bien sûr Amitié Lille Naplouse

Ils ont été reçus en Mairie de Boulogne et au Conseil Régional Nord Pas de Calais et ont rencontré de nombreux élus de la Région.img_7680-150x150 solidarité




Les Maires d’Awarta et de Qusra dans le Nord Pas de Calais en novembre

18102012

A l’invitation d’Amitié Lille Naplouse, M. AWAD, maire d’Awarta et M. OWDA, Maire de Qusra seront dans la Région entre le 15 et le 27 novembre prochains.

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Abedalatheem Owda, membre du comité rural de Qusra et son fils.

Dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale ils seront accueillis à Roubaix et Wattrelos (par l’AFPS Roubaix Tourcoing), Dunkerque (par Dunkerque-Gaza), Calais (Amitié Calaisis Palestine), Boulogne (Collectif Côte d’Opale),   et à Lille (par ALN, avec l’aide de la LDH, du CCFD, de l’UJFP), de la situation de leurs villages confrontés à la colonisation israélienne. Le programme complet sera bientôt disponible dans la rubrique « sur l’agenda » de notre blog.

Ces villages font partie du gouvernorat de Naplouse dont il ne sont distants que de quelques kilomètres, mais ils en sont séparés par des check-points et par des colonies ce qui peut parfois rendre leur accès difficile  fichier pdf ocha_opt_the_closure_map_2011_12_21_nablus Ils se situent tous deux au sud de Naplouse (Qusra est à hauteur de Salfit)

MM. AWAD et OWDA lanceront aussi à l’occasion de leur venue un appel aux villes et villages du Nord Pas-de-Calais en vue de se jumeler. Si vous pensez pouvoir les aider dans cette recherche, merci de contacter lille-naplouse@laposte.net

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En arrière-plan, vue sur la colonie d’Itamar, là où jadis les paysans d'Awarta venaient prendre soin de leurs oliveraies. La route qui serpente jusqu’en haut de la colline est strictement interdite aux Palestiniens. Photo ALN Février 2012




Vivre sous l’occupation (9) : YANOUN 10ans de résistance à l’occupation !

14082012

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Entretien avec le maire de Yanoun, Rachid.

Yanoun est un village situé à 17  kilomètres de Naplouse. Mais, avec l’établissement des colonies, certaines routes sont désormais interdites aux Palestiniens.  Il faut donc parcourir 25 kilomètres pour accéder à Naplouse et compter une heure de trajet à cause des check-point contre 15 minutes auparavant.

Rachid, maire de Yanoun, nous tend une photo. C’est celle d’un vieux monsieur, le premier habitant assassiné par les colons en 2002, période à laquelle les violences des colons et des soldats envers les habitants de Yanoun ont commencé à s’intensifier « A l’époque, les villageois étaient sous le coup d’un couvre-feu le vendredi et le samedi. Pas question non plus de construire de nouvelles maisons », se souvient le maire.

Yanoun
Album : Yanoun
10 ans de résistance à l'occupation
6 images
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Vivre sous l’occupation (8) : AWARTA face à la colonisation

19072012
Vivre sous l’occupation (8) : AWARTA face à la colonisation dans colonisation Photo-colonie-itamar-300x225

En arrière-plan, vue sur la colonie d’Itamar, là où jadis les paysans venaient prendre soin de leurs oliveraies. La route qui serpente jusqu’en haut de la colline est strictement interdite aux Palestiniens. Photo ALN Février 2012

Entretien avec Netham, Qaïs et Salim, habitants d’Awarta.

Le village d’Awarta, est situé à sept kilomètres au sud de Naplouse, ses 7000 habitants vivent à un kilomètre à vol d’oiseau de la colonie d’Itamar créée au début des années 1980, qui compte environ 300 personnes. Cette dernière s’appelait Talhihm, puis elle a été rebaptisée Itamar. Lire la suite… »




YANOUN : agression de colons et de militaires contre les villageois

17072012
YANOUN : agression de colons et de militaires contre les villageois dans colonisation village-yanoun1-300x225

YANOUN (photo ALN juin 2012)

Yanoun est un petit village à quelques kilomètres de Naplouse. Depuis plus de 10 ans les habitants de ce village complètement encerclé par les colonies, résistent. Une maison des internationaux accueille ceux qui viennent aider à la protection du village (et du droit international !). Voici les informations transmises par OCHAopt, l’organisme de l’ONU, en dessous un communiqué de l’AIC (organisation israélo-palestinienne).

7 juillet, un grand groupe de colons israéliens s’est dirigé vers le village de Yanoun (Naplouse) et a attaqué un groupe de fermiers et de bergers palestiniens, qui travaillaient leurs terres pendant la période autorisée par  les autorités israéliennes. L’incident a eu pour conséquence des  heurts entre les deux camps, heurts après lesquels les forces israéliennes sont  intervenues, blessant cinq fermiers palestiniens. Lire la suite… »




Vivre sous l’Occupation (7) Entretien avec Loy’i Al Sa’adi

19062012
directeur du bureau général des affaires civiles palestiniennes à Naplouse

 Le département général des affaires civiles palestiniennes de Naplouse travaille avec le département de l’Autorité palestinienne chargé de la surveillance de l’activité des colons et de la colonisation dans le Nord de la  Cisjordanie, dirigé par Ghassan Daghlas(voir l’article précédent http://lillenaplouse.unblog.fr/2012/03/22/vivre-sous-loccupation-entretien-avec-ghassan-daghlas/).

Vivre sous l'Occupation (7) Entretien avec Loy'i Al Sa'adi dans colonisation Photo-oliviers-casses-septembre-2011-300x203

Les paysans de Qusra (district de Naplouse) découvrent, impuissants,

le saccage de leurs oliveraies par des colons en septembre 2011

Le bureau des affaires civiles est en relation avec son équivalent israélien afin de négocier et d’obtenir différents types de permissions aux habitants de Cisjordanie :

-Les permis de sortie du territoire pour les traitements médicaux en Jordanie.

-Les permis permettant aux habitants de Cisjordanie de se rendre à la mosquée Al Aqsa (troisième lieu saint de l’Islam), située à  Jérusalem.

 Les permis de construire ou de rénovation de tous types de bâtiments, partout en Cisjordanie.

-Les permis concernant l’accès à l’eau et l’électricité.

 Cette structure recense également les attaques des colons israéliens et de l’armée à l’encontre des Palestiniens ainsi que la construction des colonies (toutes illégales en vertu du droit international).  A partir des faits observés et des témoignages des victimes, le département général des affaires civiles palestiniennes de Naplouse constitue ensuite des dossiers pour chaque cas qui sont ensuite transmis à son équivalent israélien afin d’engager des procédures judiciaires devant  les tribunaux de l’occupant.




Visites à nos amis Nabulsis – Juin 2012

16062012

Ce séjour à Naplouse a été marqué par la découverte : premier pas posé en Cisjordanie pour l’une et premier printemps passé à Naplouse pour l’autre.

Les parfums, le knaffé, la chaleur tant solaire qu’hospitalière nous ont propulsées chaque jour dans une atmosphère où nous fûmes choyées et à notre aise.

Nous avons été accueillies par Hakim,  les volontaires de Project Hope dont Nizar et Ala’a, fraîchement rentrés de leur séjour en France et avec qui les retrouvailles furent chaleureuses.

Visites à nos amis Nabulsis - Juin 2012 dans Edito P10303341-e1339777639823-225x300

Annie et Nizar

alaa ALN dans récits de voyages
Annie & Ala’a

Deux raisons nous ont conduites à Naplouse: le suivi de projets de l’association et bien sur le mariage de Nour. Lire la suite… »







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