Une vidéo d’ALN : « QUSRA, un village au milieu des colonies »

6082014
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Ce reportage a été réalisé pour Amitié Lille Naplouse en octobre 2013 par Annie Taillant, avec l’aide précieuse de Shadi Aboshi et de Gilles Poulain .
Un groupe de 17 membres de l’Association participait à la cueillette des olives dans les villages de Qusra et Awarta, dans le district de Naplouse. Cette vidéo témoigne de la lutte des villageois de Qusra contre la colonisation israélienne.




Des Lillois à Awarta et Qusra : la vidéo

17022014
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L’armée et les colons israéliens attaquent le village de Qusra

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Photo A.O

Photo A.O

Lundi 18 novembre 2013, notre ami Abdelatheem Owda, maire de Qusra, nous a alertés pour nous faire part de nouvelles attaques de la part de l’occupant.

Les colons de la colonie d’Esh Kodesh (établie sur les terres sud du village de Qusra) ont arraché vingt-sept oliviers. Les trois paysans victimes de cet acte sont : Ali Hassan, Talaat Abdelhamid et Waleed Abdelmajed.

 Les colons ont également à nouveau endommagé un bâtiment récemment construit il y a quelques mois (voir notre article http://lillenaplouse.unblog.fr/2013/06/27/qusra-tient-bon-face-aux-colons/).
 Suite à ces nouvelles attaques, des affrontements ont éclaté entre les paysans, les colons et l’armée.
 Les forces israéliennes ont tiré des balles de caoutchouc, blessant au moins six jeunes garçons de Qusra, dont : Sahel Hasan (13 ans), Abed Hassan (15 ans), Ahmad Khariouch (18 ans), Audwan Imad (18 ans) et Ahmad Khaled (19 ans). Ce dernier a d’ailleurs été transporté à l’hôpital de Rafidia (Naplouse) après avoir été touché à la poitrine.
L’armée d’occupation a également mené une incursion dans le village. Les habitants ont répliqué en capturant deux soldats israéliens pendant environ quarante minutes avant de les relâcher.
 Abdelatheem Owda nous a informés de la mise en ligne d’une vidéo par les colons. Ces derniers menacent les villageois de représailles et publient les photos de trois jeunes garçons de Qusra, appelant à la délation.



ALN à la Semaine de la Solidarité Internationale

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ALN à la Semaine de la Solidarité Internationale dans Action de solidarité logossi-ev-jaunedateint-long-hdefTOUS LES DETAILS DANS LA RUBRIQUE « SUR L’AGENDA« 

 

Comme chaque année la mairie de Lille organise la Semaine de la Solidarité Internationale au cours de laquelle les différentes associations liées à des projets avec des villes ou régions étrangères sont amenées à aborder des thématiques précises. Lire la suite… »




La colonisation autour de Naplouse se poursuit

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Selon un officiel palestinien, des bulldozers israéliens sont intervenus dimanche dernier sur un terrain privé de Naplouse afin d’élargir une colonie illégale. Lire la suite… »




De nouvelles arrestations dans la région de Naplouse….

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Le 17 août 2013 le village de Baita, situé au sud-est de Naplouse, a été envahit par l’armée israélienne en pleine nuit.
Lors de ces incursions les soldats ont usé de gaz lacrymogènes, de bombes sonores et de chiens en pénétrant dans les maisons.
Le bilan de cette nuit est l’arrestation de deux garçons issus de la même famille : Ameen Ahmad Sayed, âgé de 19 ans, et Monther Aysar Sayed, âgé de 18 ans.
Ces informations nous ont été transmises par nos contacts vivant à Naplouse et sont confirmées par le site Maannews.net.
Malgré la reprise des négociations entre les israéliens et palestiniens la violation des lois internationales et des territoires palestiniens occupés est toujours de rigueur de la part des Israéliens.
Amitié Lille Naplouse.



Des colons attaquent des travailleurs et des véhicules palestiniens

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Selon un article de l’agence Ma’an news datant du 31/07/2013, un groupe de colons israéliens a attaqué un village de la région de Naplouse.
Ghassan Daghlas, qui recueille les actes des colons dans le nord de la Cisjordanie, a informé l’agence de presse que 15 colons vivant dans la colonie illégale de Yizhar ont attaqué des travailleurs dans le village de Asira al-Qibliya mercredi dernier. Lire la suite… »



11 juillet : AWARTA

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11 juillet : AWARTA dans colonisation img_4888-300x200

Awarta (Photo ALN)

1150 oliviers appartenant à 25 familles du village d’Awarta, près de Naplouse ont été tronçonnés par des colons. C’est Ghassan Daghlas, chargé de l’observation de la colonisation auprès de l’Autorité Palestinienne qui en a informé l’agence de presse Ma’an news

En  début de semaine déjà, des colons d’Itamar (une colonie israélienne installée sur les terres d’Awarta) avaient agressé et saccagé un campement de Bédouins à proximité d’Huwwara

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La colonie Itamar (Photo ALN)




Qusra tient bon face aux colons

27062013

 

 

Qusra tient bon face aux colons dans colonisation montage8-224x300

Ici, la bâtisse de la famille Mohamadieh Bairoute Hassan cassée à coups de pierres par les colons. Les propriétaires attendent que le Croissant Rouge vienne constater les dégâts avant de reconstruire et d’ajouter des portes et des fenêtres.

 

Claire, Shadi et moi nous sommes rendus à Qusra à la fin du mois de mai. Depuis, il y a eu trois attaques de colons, à deux reprises, ils s’en sont pris à des paysans du village qui voulaient se rendre sur leurs terres pour les cultiver. Le dernier méfait concerne une dégradation de biens. Contactés par notre ami Abdelatheem Owda, nous nous sommes rendus sur place pour constater les dégâts.

Dimanche 16 juin, la famille Mohamadieh Bairoute Hassan, propriétaire d’une parcelle de terre au Sud de Qusra a découvert que les colons étaient venus dans la nuit de vendredi à samedi pour casser cinq jeunes oliviers et la nouvelle  bâtisse achevée une semaine auparavant.  

 

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Deux des cinq jeunes oliviers, âgés de cinq ans, cassés par les colons ce dimanche 16 juin. Les propriétaires de cette terre située au sud de Qusra ont déjà subi cinq attaques depuis 2010.

 

Les colons ont bien compris l’enjeu du nouveau projet initié par la mairie et les paysans de Qusra, soutenu par le consulat de France.

Au cours de l’année 2012, Abdelatheem Owda, maire de Qusra, a songé à une nouvelle modalité d’action pour lutter contre l’expansion des colonies et le vol des terres par le gouvernement israélien : construire vingt bâtiments sur l’ensemble les terres du sud du village, c’est-à-dire, celles qui sont les plus souvent exposées à la violence des colons.

De cette façon, les habitants espèrent contre -carrer l’argument israélien prétendant que chaque terre en jachère (réellement ou non) revient à l’occupant. Une autre disposition, héritée comme la première de l’Empire ottoman, prévoit que si un paysan (un colon) cultive une terre non enregistrée durant sept ans, celle-ci lui revient. Donc si l’armée israélienne empêche les paysans palestiniens d’accéder à leurs propres terres pendant sept années, il est ensuite aisé de les donner aux colons. 

« C’est au mois de septembre que les avions chargés de prendre des photos et de surveiller l’activité des terrains survolent le village. C’est une époque de l’année où les terres sont très peu cultivées et ils se servent de cela pour justifier le vol des propriétés », raconte Abdelatheem Owda.

A Qusra, les colons et l’armée tentent de terroriser les paysans pour qu’ils ne viennent plus sur leurs terres.

La construction de bâtiments sur les parcelles de terres est aussi un frein à l’implantation de nouvelles colonies ou à l’extension de celles déjà existantes autour du village. Car il est plus compliqué de voler une terre à la fois cultivée et habitée.

Le Consulat de France a financé une partie du projet à hauteur de 8000 euros (environ 39 000 ILS) à diviser entre vingt propriétaires. La mairie de Qusra vient en aide aux paysans les plus modestes en complétant ce financement à hauteur de 300 euros.

L’électricité est également fournie par la municipalité et une aide logistique peut être apportée pour ceux qui souhaitent être raccordés au réseau d’eau.

Il y a une semaine, la mairie a signé un contrat avec chaque paysan, chacun d’entre eux s’engage à construire sa propre bâtisse sans l’intervention d’entreprise extérieure.

La famille Mohamadieh Bairoute Hassan fait partie des familles concernées par ce nouveau projet. Leur terre a été la cible de cinq attaques de colons depuis 2010.

Les propriétaires de la parcelle voisine ont refusé la construction de leur bâtisse par peur de représailles de la part des colons. « Ils ont peur de tout perdre », explique Abdelatheem Owda.

Deux autres propriétaires de parcelles situées en zone C (contrôle israélien) se sont fait menacer et insulter par les colons. La police israélienne s’est également rendue sur place pour leur ordonner de cesser toute construction.

 

 

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Abdelatheem Owda, le maire de Qusra, entouré des deux paysans propriétaires des terres classées en zone C par l’armée israélienne. Ils ont été menacés par les soldats et les colons dès le début des travaux. Pour le moment, la construction a été suspendue en les deux hommes tentent d’obtenir un permis de construire.En arrière-plan, une patrouille de l'armée israélienne. Les soldats se relayent nuit et jour sur cette colline située au sud du village, ils ont donc été témoins de l'attaque perpétrée par les colons.

 

Notre ami Abdelatheem a contacté les médias et de nombreux organismes palestiniens et internationaux afin que chacun vienne constater les dégâts. Le dimanche 16 juin, alors que le maire, accompagné d’une centaine d’habitants du village, expliquait la situation devant les caméras, cinq véhicules de l’armée israélienne, ainsi qu’un de l’administration militaire sont arrivés.

Devant les journalistes, l’armée a assuré vouloir mener une enquête pour identifier les criminels responsables des dégradations sur la parcelle de terre. Cependant le maire et les habitants de Qusra ne sont pas dupes. Une patrouille de l’armée israélienne est constamment postée juste en face du terrain où se sont déroulés les faits, ce qui laisse entendre que la force d’occupation a nécessairement vu ce qui s’est passé.

« J’ai encouragé cette famille à porter plainte au commissariat israélien de Beit Eil . Elle va également demander un permis pour entrer au commissariat d’Huwara qui traite les affaires concernant les zone A et B (1) car il est plus proche. Il s’agira de la 28ème plainte déposée par un habitant de Qusra contre les violences et dégradations de l’occupant. Les deux autres paysans propriétaires de parcelles en zone C et menacés par les colons vont également se rendre au bureau central de la police israélienne pour faire un signalement », explique Abdelatheem Owada.

Dans une parcelle voisine, Fatah Abu Raideh et sa famille travaillent leur terre. « Cela fait douze ans que nous cultivons nos figuiers, nos oliviers et nos vignes. Mon frère et moi, aidés de toute la famille, avons entamé la construction d’une maison comprenant une salle de bain, une terrasse et une chambre sur cette terre il y a trois semaines. C’est notre droit. La différence avec les colons, c’est qu’eux construisent sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Si nous avons choisi de participer au projet de construction, c’est parce que je veux faire quelque chose qui confirme mon existence. Nous espérons achever la maison avant le début du ramadan (aux environs du 10 juillet 2013) », explique l’homme.

Cette famille se souvient très bien qu’en 2011, six colons étaient venus se baigner dans leurs puits pour souiller l’eau.

Les habitants de Qusra les avaient d’ailleurs arrêtés avant d’appeler le gouverneur de Naplouse qui leur avait conseillé de les relâcher. Une fois chose faite, l’un des colons avaient tiré sur les villageois, blessant l’un d’entre eux.

En 2012, les colons avaient également saccagé plusieurs oliviers âgés d’une quinzaine d’années appartenant à la famille Fatah Abu Raideh.

« Les colons veulent s’en prendre à tout ce que nous avons. Mais si l’on se défend, c’est tout notre village qui va payer », ajoute le paysan. 

La famille Mohamadieh Bairoute Hassan, dernière cible des colons, va reconstruire ce qui a été détruit et ajouter des fenêtres et des portes à la bâtisse. Elle attend que le croissant rouge vienne constater les dégâts.

 

 

 

 

 

 

 

Elsa GRIGAUT. Photos Claire GOULOIS. Avec l’aide précieuse de Shadi.

1 : Zone A : Officiellement, l’autorité Palestinienne y exerce une pleine souveraineté (environ 3% de la Cisjordanie.

Zone B : officiellement, s’applique à 27% de la Cisjordanie. L’administration civile est gérée par l’Autorité Palestinienne tandis que les autorités militaires israéliennes contrôlent le territoire.

Zone C : s’applique au reste de la Cisjordanie. L’Autorité Palestinienne n’y exerce aucune souveraineté.




Un 1er mai à Qusra

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Comme vous le savez peut-être, Claire et moi sommes à Naplouse jusqu’en juillet. Nous avons souhaité rendre visite à notre ami Abdelatheem Owda, maire de Qusra. Il était venu en novembre dernier à Lille pour témoigner lors de la semaine de la solidarité internationale. Nous avons profité d’un jour de congé pour nous rendre au village. Shadi, volontaire francophone depuis plusieurs années à Project Hope, nous accompagnait en tant que traducteur.

En fin de matinée, nous avons été chaleureusement accueillis à la mairie de Qusra par Abdelatheem Owda ainsi que par un autre membre du conseil rural. Ce fut l’occasion d’évoquer les conditions de vie des habitants du village face à l’occupation et à la colonisation. Lorsqu’on l’interroge sur la situation de Qusra quelques mois après sa venue à Lille, Abdelatheem nous énumère la longue liste des agressions perpétrées par l’armée et les colons israéliens. Il n’omet rien.

Entre décembre 2012 et janvier 2013, 630 arbres ont été brûlés. Durant cette même période, les villageois ont subi 48 agressions de la part des colons. Le maire rappelle : « depuis octobre 2010 à fin 2012, 2400 de nos arbres ont été détruits par les colons, 18 moutons ont été égorgés et la mosquée a été brûlée le 6 septembre 2011 ». Le 10 janvier 2013, c’était l’hiver, la neige était tombée sur Qusra. Sameer, un jeune de 20 ans s’amusait avec des amis au sud du village. Trois colons sont arrivés et ont tiré sur les lampes qui bordent la route qui mène à Qusra. Ils ont également tiré sur le jeune homme. Touché à la jambe, Sameer est maintenant handicapé. Des affrontements ont ensuite éclaté entre les jeunes de Qusra et les colons. L’armée israélienne est arrivée et a utilisé des gaz lacrymogènes en grande quantité pour disperser les villageois.

 

Abdelatheem Owda recense et photographie chaque agression physique et destruction de bien perpétrées par les colons à l’encontre des habitants de Qusra.

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Au cours de l’hiver, les colons ont détruit 200 oliviers. Les habitants du village ont donc décidé de replanter des arbres avec les enfants. Grâce à l’aide de l’ONG « Human rights watch », aux entreprises palestiniennes, à certaines entreprises israéliennes, mais aussi grâce à la solidarité des habitants de Jénine et des militants d’ISM, des activités ont été organisées pendant trois mois : 2100 oliviers ont été replantés. « Le problème, c’est que la mentalité des enfants a changé. Ils ne comprennent pas l’intérêt de cette action car pour eux, les arbres vont être détruits par les colons. Les enfants disent que si l’on détruit nos oliviers, il faut détruire ceux des colons. S’ils nous agressent, il faut les agresser », raconte Abdelatheem. Notre ami est inquiet concernant le bien-être des enfants du village. Tous sont traumatisés à cause des incessantes agressions des colons et de l’armée d’occupation. « Ils font beaucoup de cauchemars et n’osent pas sortir seuls quand la nuit commence à tomber ». Les enfants d’Abdelatheem refusent de dormir dans certaines pièces de la maison, conséquences d’incursion de l’armée israélienne en pleine nuit dans la demeure familiale. Certains enfants d’une famille qui vit à l’entrée du village dans une maison construite par leur père dans les années 70 ne dorment plus dans la maison de leurs parents. Si à l’époque il n’y avait pas de colonie aujourd’hui celle de Majdolin se situe à seulement 150 mètres de chez eux. Ils ont trop peur et sont hébergés par un cousin à l’ouest du village.

Un jour de février 2013, à 1h du matin, un agent des renseignements généraux israéliens pénètre dans la maison d’Abdelatheem. « Il m’a demandé quelle solution je proposais pour qu’il n’y ait plus de tensions avec les colons. J’ai dit qu’il fallait qu’ils arrêtent d’agresser les enfants et tous les habitants du village. Il m’a répondu que c’était moi qui les provoquais. Puis il m’a dit d’arrêter ces fameuses « provocations » ou bien il reviendrait », se souvient le maire de Qusra. Le 20 février 2013, le réseau d’électricité du village est détruit par les colons. L’agent des renseignements généraux israéliens revient et dit à Abdelatheem : « Oublie les oliviers et la terre de Qusra ». Le lendemain, un policier appelle le maire du village pour lui demander l’autorisation d’entrer à Qusra, officiellement pour « enquêter sur la destruction du réseau d’électricité ».  «J’ai dit que les habitants étaient trop en colère et qu’il était préférable d’attendre quelques jours. J’ai contacté le gouverneur de Naplouse, il était d’accord avec moi. Mais deux minutes plus tard, la police israélienne était là. Ils n’ont même pas pu descendre de leurs voitures, tous les habitants leur lançaient des pierres».

 

 

En février dernier, le réseau d’électricité de Qusra a été entièrement détruit par les colons.

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Le 23 février dernier, une vingtaine de colons d’Esh Kodesh et de Shilo, armés de fusils, fait une descente dans le village de Qusra. Ils attaquent les maisons situées à la périphérie du village, brisent les fenêtres à coups de pierres. Les jeunes du village se précipitent pour défendre leurs maisons et affrontent les colons, qui leur tirent dessus : 26 Palestiniens blessés, dont Helmi Abdul Azeez Hassan. L’homme est d’abord transféré à l’hôpital de Naplouse qui n’est pas en mesure de lui fournir les soins adéquats. Le croissant rouge intervient et parvient à négocier pour qu’un hélicoptère israélien puisse emmener le blessé à l’hôpital de Jérusalem. Rami Hassan, un adolescent de Qusra est blessé aux yeux par une balle de l’armée israélienne et son père est touché au bras alors qu’il brandissait une branche d’olivier cassée par des colons. Ces derniers pénètrent également dans la maison d’Abdelmajid Hassan, un autre habitant du village (sud de Qusra). Ils séquestrent toute la famille, tout en tirant à balles réelles dans la maison et en les menaçant de mort. Déjà en 2011, Abdelmajid avait été blessé à la jambe par une balle tirée par l’armée israélienne.

Dans la nuit du même jour, 6 voitures ont été incendiées par les colons. Un des criminels a perdu sa carte d’identité sur les lieux. Renseignements pris, il s’agissait d’un soldat, âgé de 19 ans, en congés. Depuis cette date, l’armée israélienne est présente au sud du village chaque jour. Au lendemain de l’attaque, Abdelatheem parle de l’affaire aux médias. Peu après, le maire est appelé par les renseignements généraux israéliens qui le menacent et exigent qu’il restitue la carde d’identité. Abdelatheem refuse et remet le document au gouverneur de Naplouse. La police israélienne a publié un communiqué en expliquant que la destruction du réseau d’électricité ainsi que les voitures brûlées étaient un mensonge et qu’il ne s’était rien passé. Ils ont ajouté que les habitants de Qusra avaient attaqué la police. Le lendemain, des médias israéliens sont venus enquêter. « Nous avons évoqué les attaques quotidiennes des colons. Et, justement, ce jour-là, deux ânes du village ont été volés par eux», se souvient Abdelatheem. Le journaliste s’est rendu dans la colonie d’Esh Kodesh et a retrouvé les deux bêtes. Quand il a interrogé les colons à ce sujet, ils lui ont répondu qu’ils avaient été achetés à un Palestinien.

La liste des vols, des agressions verbales, physiques, des destructions d’oliveraies ou de tout autre bien n’en finit plus de s’allonger. Il n’y a pas de répit pour les habitants de Qusra.

« Il y a quatre mois, un paysan du village qui s’appelle Akram était en train de cultiver sa terre au sud, la nuit commençait à tomber. Il a aperçu un groupe de jeunes à quelques mètres de lui mais il n’arrivait pas à distinguer s’il s’agissait de colons ou de Palestiniens. Alors, il leur a demandé. En guise de réponse, ils l’ont insulté lui et notre prophète. Les colons l’ont ensuite frappé à la tête et aux bras avec une barre de métal jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Jusqu’à aujourd’hui, Akram ne peut plus utiliser ses bras », raconte le maire. Le 21 mars 2013, les colons ont attaqué une maison isolée du village en incendiant un arbre à proximité, ainsi qu’une voiture qu’ils ont auparavant encastrée dans la maison.

« Le début de l’année 2013 est la pire que nous avons connu jusqu’à présent. Les agressions des colons et de l’armée israélienne sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes », commente Abdelatheem. Les tensions les plus vives sont au Sud du village là où se trouvent les colonies d’Esh Kodesh( environ 26 colons), Achia (une vingtaine de colons) et Shilo.

« J’encourage toujours les habitants à porter plainte quand ils sont victimes des colons mais pour cela, il faut se rendre dans un poste de police israélien et les Palestiniens y sont maltraités, menacés afin qu’ils abandonnent toute idée d’obtenir justice ». Poursuit-il.

Pour les jeunes garçons de Qusra, se déplacer en dehors du village est synonyme d’ennuis. A chaque check-point, si leur identité est relevée, ils sont certains de subir un interrogatoire où les violences verbales et physiques sont coutumières. L’armée prend leur numéro de téléphone (la carte sim permet d’être localisé à chaque instant). Ils sont ensuite relâchés à un autre check-point situé très loin de l’endroit où ils souhaitent se rendre initialement. Abdelatheem nous explique qu’il est arrivé à plusieurs reprises que l’armée fasse circuler des rumeurs auprès des habitants en affirmant que certains jeunes arrêtés étaient devenus des indicateurs pour le compte de l’occupant. Cette stratégie de division est un échec face à la solidarité des villageois.

A Qusra, les incendies d’oliviers, de voitures, de maisons ou encore de la mosquée sont récurrents. La base de pompiers la plus proche se situe à 30 minutes en voiture du village (du côté de Burin). Le temps d’intervention est donc très long. Il y a un mois, le conseil rural du village a passé un accord avec une brigade de pompiers : un terrain a été acheté (17 000 dinars jordaniens) par le conseil sur les terres de Qusra pour y établir une base. « L’argent que nous avons déboursé pour ce projet devait initialement être utilisé pour construire une école au sud du village. Mais nous avons ajourné ce projet pour faire face aux problèmes de sécurité quotidiens », explique notre ami.

Abdelatheem nous a invités à déjeuner chez lui. « Tout ce qui est posé sur ma table vient de ma terre. Mon père possédait 40 dunams, il m’en reste quatre. Dans quelques années, si la colonisation continue, nous ne pourrons plus vivre grâce à nos terres et c’est les ONG qui nous donnerons à manger ».

Mise à jour : Après notre départ de Qusra, l’armée israélienne a fait une incursion au centre du village suscitant la colère des villageois. Aux jets de pierres, la force d’occupation a répondu par des tirs à balles réelles.

Claire et moi, accompagnées de nos amis Ala’a et Shadi, sommes retournées à Qusra le vendredi 3 mai. Abdelatheem nous a expliqué que le village a accès à deux stations de pompage d’eau. L’une est située à l’entrée du village, l’autre au sud. La première puise l’eau dans une source qui alimente Qusra et la colonie de Majdolin, l’autre est utilisée pour cinq villages palestiniens dont celui de Qusra En début d’après-midi, l’armée israélienne a coupé l’eau de la première et la seconde s’est vidée très vite.

 

 

Cet homme attend depuis plusieurs heures que l’eau soit rétablie pour subvenir
aux besoins de toute sa famille .  

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Vendredi 3 mai, les habitants de Qusra n’avaient donc plus d’eau potable. Le maire nous explique que durant l’été, les coupures d’eau de la station à l’entrée du village sont très fréquentes. Dans ces cas- là, il ne reste que la seconde qui dessert cinq villages. Cette dernière est souvent à sec.

Un peu plus tard dans l’après- midi, un habitant du Sud de Qusra appelle Abdelatheem pour lui demander de venir. Nous l’accompagnons. Quand nous arrivons sur place un colon en quad est à quelques centaines de mètres de la maison. Trois véhicules de l’armée sont stationnés non loin de là. Ils font mine de nous ignorer mais arborent fièrement leurs armes. Après quelques minutes, ils sont partis.

Elsa GRIGAUT. Photos Claire Goulois. Avec l’aide précieuse de Shadi







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