1er février 2011 : »Deux enseignantes de Naplouse face aux questions des enfants » Nord Eclair

enseignantesfives.jpg 

Hier, l’institutrice lilloise a remis des autoportraits de ses élèves à donner aux petits Naplousis.


Arrivées samedi, elles viennent pendant une semaine à la rencontre d’élèves de la métropole. Hier, à l’école Bara-Cabanis, les petits Fivois ont posé toutes leurs questions à des institutrices palestiniennes.


Ils n’ont pas été censurés, bridés ou guidés. À cet âge-là, on a envie de tout savoir et même les questions les plus évidentes s’avèrent essentielles pour un enfant de 9 ans. Alors hier, c’est en toute liberté que des élèves de l’école Bara-Cabanis à Fives se sont exprimés. Face à eux, deux enseignantes de français venues de Naplouse, en séjour dans la région depuis samedi, accompagnée par l’inspectrice du français pour la Cisjordanie.
Il y a les questions du quotidien : « On mange quoi en Palestine ? » « C’est une grande ville, Naplouse ? » Et puis, il y a les sujets plus sensibles : « Pourquoi il y a la guerre entre la Palestine et Israël ? » Et alors qu’une thèse ne suffirait pas à démêler l’Histoire, Abire Zeid Al Kilani, qui enseigne le français à des enfants de 11 à 13 ans, résume : « Avant, on était occupé par les Israéliens, maintenant, on demande à vivre ensemble, moitié-moitié. »

//1er février 2011 :

Une convention pérenne
« Les objectifs sont à la fois culturels et pédagogiques, explique Manar Al Aker, l’inspectrice. On veut prouver que la langue sert pour communiquer avec les autres, pour s’ouvrir. » Et le projet qui se concrétise ici n’est pas nouveau. « On a rencontré l’inspectrice basée à Naplouse en 2008 », se souvient Marc Leblanc, secrétaire de l’association Amitié Lille-Naplouse. L’idée d’un échange entre enseignants français et palestiniens est née. Des enseignants français sont allés là-bas en avril, aujourd’hui, Abire et Rania Ismail sont en France. Hier, après une rencontre au Rectorat de Lille, une convention devrait même être signée entre Naplouse et Lille pour cadrer ce type d’échanges, les pérenniser. Quant aux enfants palestiniens, ils doivent venir chez nous en 2012.
En attendant la rencontre, les enfants s’écrivent. Hier, Emmanuelle Bertrand, enseignante d’un CM1-CM2 à l’école Bara-Cabanis, a remis aux institutrices naplousies des autoportraits. Une manière pour les petits Lillois de se présenter aux enfants palestiniens. Lesquels avaient remis à leurs enseignantes des lettres. Pour tisser un peu mieux ces relations qui existent à travers le jumelage entre Lille et Naplouse.
Pourtant, pas toujours évident de le faire. « En ce moment, il n’y a pas Internet », regrette Abire. Alors on retrouve les crayons, le papier au lieu de tapoter sur son clavier. Et l’échange n’en est que plus fort. Cette semaine, d’autres établissements de la région seront visités. Les enseignantes seront reçues par l’élue à la solidarité internationale Marie-Pierre Bresson.
Car bien sûr, la relation se veut aussi solidaire. Aujourd’hui, des livres collectés par Amitié Lille-Naplouse, ainsi que l’association Amis sans frontières et la médiathèque des Bois-Blancs, seront envoyés en Palestine. « On a une grande bibliothèque, assure Abire, mais les livres ne sont pas adaptés aux enfants. » D’où ce coup de pouce, cette solidarité née il y a déjà plusieurs années.
Un projet solidaire
« Le projet d’Amitié Lille-Naplouse correspondait bien à notre projet d’école, cette année, sur les solidarités », ajoute Nicole Taquet-Leroy, directrice de Bara-Cabanis. Les petits Lillois, sans s’en rendre compte, trouvent dans la rencontre quelques réponses à leurs questions. « Les femmes sont-elles voilées chez vous ? » « Pas toutes les femmes », sourient les deux enseignantes. Elles rappelleront plus tard qu’il y a aussi des chrétiens et des samaritains en Palestine, qu’il y a des gens riches, des pauvres et « des moyens ».
Et c’est finalement ce qui touche de près les enfants qui suscitera le plus d’émoi : « Il y a 40 à 50 élèves par classe. » Du concret, pour faire comprendre le manque de moyens, pour souligner les différences. « Je viens de Palestine, a souri Abire en introduction.
C’est un pays très beau. On a quelques problèmes, mais on y vit toujours. La situation est plus calme, c’est mieux qu’avant. » Elle repartira samedi dans son beau pays, avec un peu plus d’ouverture qu’avant, et des souvenirs : la mer à Calais, le poisson frais mangé là-bas, la région « agréable mais très froide » et puis, les enfants et leur intérêt.
 

Laisser un commentaire




Les Amis des Sentiers |
AMICCA |
"LE JOURNAL D'AÏDA" |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Françamérique
| CLUB AGIR-DECLIC Blagnac-Co...
| Les Secouristes Français Cr...