9 février 2011 : « Naplouse, université solidaire ? » Avant Garde journal Mouvement Jeunes Communistes

 

Cet article est le second d’une série de 3 articles  que vous pouvez trouver à l’adresse :  http://www.lavantgarde.org/education-en-palestine-trois-defis-a-relever-partie-13/

Les Palestiniens tentent de construire en Cisjordanie un accès au savoir basé sur des valeurs d’égalité et de solidarité malgré les injustices vécues au quotidien.

L’Université Nationale An-Najah de Naplouse accueille des facultés de tous les domaines : art, droit, médecine, langue étrangère, ingénierie électronique, agriculture, sciences politiques etc. Elle jouit d’un nouveau campus qui dispose d’un amphithéâtre, d’une piscine, de salles de conférence, d’ordinateurs. Bref, les infrastructures ne sont pas désuètes et ne tombent pas en ruine. L’université de Naplouse ressemble aux autres universités de n’importe quel pays. La principale différence ne réside pas dans le matériel mis à disposition des élèves – même s’il est sûrement plus important que la plupart des universités françaises – mais dans le rôle qu’endosse l’université pour les palestiniens.

Une université au service de la communauté.

Pour eux, l’université n’est pas qu’une simple institution où s’accumulent les connaissances. Elle doit mettre en œuvre, par l’apprentissage et la recherche, de la solidarité avec le reste de la société. Les missions principales de l’université An-Najah sont d‘aider la communauté locale ; de contribuer à surmonter les problèmes que rencontrent la Palestine; de fournir des citoyens éduqués et bien formés nécessaires pour construire la base d’un nouvel État indépendant. Le président de l’université affirme que « les diplômés de l’université An-Najah doivent assimiler un savoir, des compétences et un esprit innovateur, nécessaires pour subvenir aux besoins de leur société, qui connaîtra grâce à eux, un avenir meilleur« . Il est étonnant de voir l’ampleur de la volonté de cette université de travailler avec les institutions locales (associations, ONG, services publics). L’idée de base est de faire profiter la population de l’enseignement apporté aux étudiants et des équipements dont dispose la faculté. Se met en place en Palestine ce que le système libéral essaye de détruire dans le monde. En effet, loin de considérer le savoir comme un produit quelconque soumis à la concurrence des marchés, il s’agit ici de mettre l’Education au service de l’humain, du social, d’en faire un bien commun.

Une université productrice de lien social.

 

Quasiment tous les départements ont un projet de partenariat avec une association locale, nationale ou internationale. L’objectif de la faculté est d’être un facteur d’émancipation qui permette aux étudiants non seulement d’apprendre mais aussi de s’épanouir à travers des projets personnels. L’université se veut être un vrai lieu de vie où entrent en interaction tous les acteurs de la société : étudiants, travailleurs, personnalités associatives, citoyens de toutes situations. Le Centre de Service Social (CSC) de l’université, par exemple, est une plateforme de bénévolat qui relie l’université à plus d’une centaine d’associations de Naplouse et d’ailleurs. Le CSC a pour objectif d’aider les citoyens en répondant à leur besoin et en créant un nouveau type de relations entre l’université et sa communauté locale : suivis et aides médicales pour les élèves en difficulté (soins et accompagnement psychologiques), maisons réhabilitées pour s’adapter aux handicaps de leurs habitants, etc. Cette vision de l’université est bien sur liée à la situation sociale et économique en Palestine. Face à une colonisation qui dure depuis plus de 60 ans, la fraternité et la solidarité ne sont pas de vains mots. L’université est un appui essentiel, quand il n’est pas le seul, aux personnes handicapées suite à des blessures de guerre par exemple. L’éducation est considérée comme un facteur essentiel à la résolution du conflit ou du moins permet d’atténuer un minimum ses conséquences sur la population.

Tout n’est pas rose cependant !

Un nombre très important de jeunes palestiniens, notamment des camps de réfugiés, ne peuvent pas poursuivre leurs études à l’université par manque de moyens financiers. Les frais de scolarités sont très élevés et constituent souvent une barrière. Mais pour beaucoup de Palestiniens, ces questions ne sont pas prioritaires face à celles qui touchent directement à la résolution du conflit. De plus, il est à noter qu’il n’y a quasiment aucune activité sportive, associative ou politique au sein même de l’université. Les étudiants n’ont pas de syndicats et, même si les partis politiques sont directement représentés, le conseil des élèves a très peu de pouvoir. En dehors de la seule journée d’élection du conseil des étudiants, – qui tient lieu, pour beaucoup, de substitut aux élections municipales – il est impensable de voir des diffusions de tracts, des débats, des collages d’affiches au sein de l’université.

Sarah H

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