2 aout 2010 : « Abd-Elbasset Abaidia, formateur de football à Naplouse pendant 15 jours » La Voix du Nord

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Abd-Elbasset est reparti les bras chargés de cadeaux, dont un fanion du club d’Askar et une écharpe du club de Balata.

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Abd-Elbasset Abaidia revient d’un séjour de quinze jours à Naplouse où il a dispensé des cours de préparation physique à dix entraîneurs de football.

PAR CÉCILE DEBARGE

 

OAS_AD(‘Position1′);2 aout 2010 : lille@lavoixdunord.fr

Sur les grands murs en béton, des fresques, des dessins et des messages en arabe se déclinent dans des tons pastel, qui donnent un petit air de cour de récréation au gymnase du camp de réfugiés palestiniens d’Askar, à Naplouse. Les 40 °C qu’affiche le thermomètre rendent la chaleur écrasante sur le terrain de football. Pourtant, sans flancher, dix hommes répètent assidûment leurs exercices, sous l’oeil complice d’Abd-Elbasset Abaidia. Un sifflet rouge autour du cou, ce jeune Croisien, préparateur physique dans un club de football de Villeneuve-d’Ascq, scrute chaque mouvement de ses stagiaires pour vérifier les acquis de la matinée.

Pendant deux semaines, il a endossé le rôle du professeur pour aider dix entraîneurs de football de clubs naplousis, amateurs ou confirmés, à améliorer leur programme de préparation physique. « Cela répondait à une demande sur place, précise Marc Leblanc, de l’association Amitié Lille-Naplouse dont fait partie Abd-Elbasset Abaidia. En mai 2008, nous avions rencontré des sportifs, qui avaient pointé un souci de formation.

» Du côté de l’association, ne manquait qu’une personne capable de mener le projet. En mars 2009, Abd-Elbasset propose son aide et tombe à pic. « Ça faisait longtemps que l’idée me trottait dans la tête. Ensuite, après mon adhésion à l’association, il m’a fallu un an et demi pour préparer le projet, avant d’arriver sur place, le 8 juillet », confie-t-il d’une voix calme. Pour ne rien laisser au hasard, il prépare soigneusement chaque séance, fiches à l’appui. Et le soir, en semaine, il prend des cours d’arabe. « Ma deuxième langue maternelle, c’est l’arabe mais de Tunisie, donc un peu différent de celui parlé en Palestine », précise le jeune homme. Et même s’il écoute les commentaires des matchs de foot en arabe, depuis dix ans, pour acquérir le vocabulaire technique, son premier jour de cours lui a réservé quelques surprises.

« Certains mots n’étaient pas les mêmes, alors je mimais les actions de jeu et finalement j’ai vite appris », se souvient-il en souriant. Moins drôle, « le premier soir, j’ai envoyé un mail à l’asso, catastrophé. J’avais l’impression d’avoir été mauvais et j’avais peur que les entraîneurs ne reviennent pas ». Mais le lendemain, à 11 h, dans la petite salle de réunion, tout le monde est là, attentif et prêt à prendre des notes pendant les 90 mn de cours théorique. « J’ai changé de méthode : j’ai juste gardé quelques notes et je les ai fait participer », reprend Abd-Elbasset.

Ensuite, le programme n’a plus bougé : du dimanche au jeudi, théorie le matin, puis pause thé, avant de fouler le sol en béton du gymnase pour une mise en application des cours du matin, jusqu’à 14 h. « Ils étaient là bénévolement et tous très assidus, à l’écoute. Ils avaient beaucoup d’humilité, y compris ceux qui avaient déjà pas mal d’expérience. Par exemple, sur le terrain, il y avait un entraîneur qui avait bossé avec une équipe nationale palestinienne », se réjouit le jeune préparateur physique. Gage de qualité, sa formation a été reconnue par le ministère des Sports sur place et tous les stagiaires recevront un certificat, qui sera un précieux sésame pour de futures formations.

En l’annonçant, Abd-Elbasset a les yeux qui pétillent et encore un tas d’idées en tête. « Maintenant, il faut trouver une continuité entre les projets. Pour la rentrée, j’enverrai des fiches d’exercices que je suis en train de rédiger parce que je n’ai pas eu le temps de tout leur montrer », s’enthousiasme-t-il. Toutes ces fiches devraient ensuite être éditées à Naplouse pour constituer un livre d’exercices destiné aux professionnels du sport. « Quand on commence à s’impliquer dans l’association, ça devient un CDI, on a envie de refaire quelque chose avec eux », conclut-il en plaisantant. •

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