16 mai 2010 « « On ne peut pas s’occuper de la solidarité internationale et délaisser les SDF » Voix du Nord

 

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Maryse continuera à se mobiliser pour le projet de dons de livres en Palestine.

« Ma mère est contrariée. Elle aimerait que je sois plus souvent à la maison. » À 70 ans, Maryse n’a pas l’intention de lui obéir. Elle a encore moins l’impression de repousser ses limites. La septuagénaire est une femme engagée, revient à peine épuisée d’un séjour de dix jours en Palestine. « On aimerait pouvoir y envoyer des livres en français. » Un nouveau projet pour celle qui, quelques heures plus tard, a quitté la présidence de l’association nationale des Amis sans frontières mais y restera active.

Si elle garde le sourire, glisse un mot doux à l’oreille de ces bénévoles tricoteuses présentes au congrès, elle n’en a pas moins un pincement au coeur : « C’est un abandon de quelque chose. La présidence ne peut excéder six ans, c’est comme ça. Et, puis, c’est bien de laisser la place aux jeunes. » Depuis 2003, Maryse Degallaix n’a pas chômé, a rencontré les 60 groupes dans l’Hexagone, a sillonné l’Europe pour l’opération des livres offerts. « Des livres sont également partis au Togo, au Maroc, au Mali mais là, on a passé le relais à des associations locales. » Maryse est devenue, au fil des années, une voyageuse sans frontières pour cette association qu’elle a découverte, presque par hasard, dans les années 70. « J’ai fait leur connaissance en vacances, je leur ai filé un coup de main pour la collecte de fruits et de légumes pour les personnes en difficulté. Moi, la terre, cela me va bien… » Normal, Maryse était professeure de biologie, à Lille. Elle se souvient encore des actions solidaires menées avec ses élèves, « toujours joyeuses ». De cette phrase notée sur le tableau à chaque rentrée : « La science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Vous connaissez ?… Elle est de Montaigne. » La conscience, celle des autres, Maryse a toujours veillé à la transmettre. À ses élèves, à ses proches, et depuis six ans aux membres de l’association. « On se rend compte que les situations extraordinaires mobilisent les gens comme cela a été le cas pour Haïti. Nous, nous devons amener de la vibration dans l’ordinaire. » Son mari, Bernard Devloo, est le premier à l’admettre : « Le combat de Maryse est contagieux ». Le cinéphile est devenu un des membres de l’association sans que Maryse n’ait eu besoin d’en faire tout un film : « Et puis, il faut la voir à la maison s’emporter contre une injustice, piquer des rages. » Pour Maryse, l’injustice se situe au bout du monde, comme au coin de nos rues. « On ne peut pas s’occuper de la solidarité internationale et délaisser les sans domicile fixe. La solidarité est indivisible. » Et elle s’est appliquée aux membres de l’association : « Nous sommes allés en Vendée aider des bénévoles sinistrés à nettoyer leur maison. » Maryse n’est jamais fatiguée. Pas de cure de jouvence pour elle,« j’ai la chance d’aimer les autres, ça suffit. » Et d’être,aussi, une jeune mariée : « Nous nous sommes mariés en 2002 après quarante années d’union libre. » •

Une réponse à “16 mai 2010 « « On ne peut pas s’occuper de la solidarité internationale et délaisser les SDF » Voix du Nord”

  1. 28 05 2010
    sandrine (08:36:40) :

    sacrée bout de femme !

    Répondre

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