15 juillet 09 Maklouba, dabka et « coeurs brisés », un 14 Juillet aux couleurs palestiniennes – La Voix du nord

 Depuis le 4 juillet, douze jeunes Palestiniens sont à Lille pour un échange culturel. Hier, à la maison de quartier de Wazemmes, ils étaient les cuistots d’un repas de fête. Imad se fait passer un savon. Plantée devant lui, Rawan tempête. Objet de la soufflante en arabe : le keffieh d’Imad est mal noué. Et le garçon, goguenard, de laisser Rawan lui ajuster, comme un noeud de cravate… Quelques minutes auparavant, la même Rawan volette autour des marmites énormes où frémit le maklouba, plat typique à base d’aubergines frites, de riz et de volaille. Yasmin et les autres filles sont en train d’enfiler le thobe, une robe brodée. La tradition. Précisément ce qui émeut l’adolescente depuis son arrivée à Lille début juillet. « La France est un vieux pays, on le sent dans sa culture, ses édifices, sa tradition. En Palestine, les bâtiments sont détruits et notre culture abîmée.  » Imad est fin prêt. Sous son keffieh, il porte un tee-shirt frappé d’un « 1948 ». L’année de la création d’Israël, la Nakba, la « catastrophe » dans la psyché arabe. « Je voulais montrer la situation en Palestine », explique Imad. Wafa, 16 ans, le rejoint. « Je vis dans un camp de réfugiés. Ma famille y est depuis 1952. La vie y est très dure, beaucoup de monde et plus aucune place. Alors on rajoute des étages aux maisons, encore et encore… » Bâtir. Ismaël n’a que treize ans mais déjà un bon niveau d’anglais et une ambition : devenir ingénieur. « Pour construire des bâtiments. Je trouve ça beau. » Il s’aligne avec ses camarades devant la salle à manger où attendent les convives. Car avant le maklouba, il y aura la dabka. La sono s’ébroue et la troupe se lance dans cette danse traditionnelle de noces.  À défaut d’être mariées, Lille et Naplouse sont jumelées. « Pour nous, il est plus facile de venir ici que d’aller à Jérusalem  », soupire Yasmin. À la fin du mois, elle regagnera la Cisjordanie avec les adresses mails des copines rencontrées en France. « On joue, on danse, mais à l’intérieur, nos coeurs sont brisés, dit la jeune Palestinienne. La vie peut changer très vite, ton frère, ta mère peuvent mourir, ta maison peut être détruite. » Plus tard, Yasmin sera linguiste. Ou avocate, « parce que je veux pouvoir dire la vérité ». Hier, ses amies avaient attaché à leur taille les couleurs palestiniennes. En attendant, qui sait, d’obtenir un jour un État. • S. B

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