12 juin 2010 : « Quand le collectif à la lilloise fait jouer à l’extérieur les enfants de Naplouse » Voix du Nord

Bus de Naplouse à Amman, en Jordanie, vol pour Roissy, camionnettes jusqu’à Lille. Quatorze jeunes Palestiniens sont en ville pour dix jours (lire en pages Région) depuis jeudi. À l’origine de ce déplacement sous le sceau du ballon rond, l’association Amitié Lille-Naplouse. À l’arrivée, une conjonction de bonnes volontés.

PAR SÉBASTIEN BERGÈS

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12 juin 2010 :

lille@lavoixdunord.fr PHOTO ÉDOUARD BRIDE

Ils ont surgi d’un seul élan des vestiaires, volée de shorts sous le soleil, à toutes jambes vers la pelouse. Ils sont plus habitués au macadam. Dans le rond central, quatorze ados tâtent du cuir sur le gazon des Bois-Blancs. « Amitié Lille-Naplouse », proclament leurs maillots à peine sortis de l’emballage, cadeau de L’Aziza, un restau de la rue du Molinel. « Je savais qu’ils en avaient besoin, qu’il fallait les nourrir, j’étais là », commente sobrement le responsable. Le temps du séjour, Rida Maaref ouvrira ses tables gracieusement, et à plusieurs reprises, aux 18 Naplousis en visite. « Qu’ils soient palestiniens ou pas ne change rien. Peut-être qu’on a un peu plus d’affection à cause de ce qu’ils subissent, mais notre aide n’est pas politique. On soutient les associations qui aident les gens, c’est tout. » Amitié Lille-Naplouse n’en demandait pas tant. « Il y a un petit mouvement de sympathie qui se met en place, sourit Francis Delebarre.

Ça nous a surpris parce qu’on n’a pas cherché après. » Au départ, il y a une volonté de l’association, en lien avec deux clubs de foot, le RC Bois-Blancs et l’US Moulins-Carrel. Ensuite, il y a le financement des pouvoirs publics, notamment la Région et « le très fort soutien » de la ville, dixit Francis Delebarre. Enfin, il y a ce réseau un peu improvisé, ces offres de services inattendues. L’association Amis sans frontières qui apporte des tickets de métro, le Secours populaire qui propose des vêtements de pluie, Rachid Belmimoun, de L’Oriental, rue des Postes, qui cuisine ou paie l’entrée dans un parc d’attractions… Gestes infimes et précieux, qui ravissent Marc Leblanc, le secrétaire d’Amitié Lille-Naplouse : « Cette solidarité pour les Palestiniens se traduit par une solidarité entre Lillois, de gens simples qui font des choses dans leurs moyens.

» L’actualité récente et tragique de ce petit bout de terre si disputé du Proche-Orient a-t-elle alimenté le « petit mouvement de sympathie » ? On jurerait que non. Les sympathisants n’ont pas attendu l’assaut israélien au large des côtes palestiniennes pour épouser la cause. Et puis, certains prennent soin de distinguer « la fraternité et la politique ». Comme Alain Dablemont. Le secrétaire général du RCBB concède qu’ « à Moulins ou aux Bois-Blancs, la cause palestinienne est presque unanimement partagée », mais juge une mise au point nécessaire : « On ne veut être ni récupérés ni étiquetés. On connaît les problèmes des Palestiniens, mais si demain on devait accueillir quinze Israéliens, on le ferait. C’est la jeunesse qui rencontre la jeunesse, on ne fait pas de politique internationale. » Hier matin, après le « salam aleikoum » de rigueur, l’adjointe Marie-Pierre Bresson estime : « Venir ici, ça vous permet d’être reliés au monde. » Quatorze ados concentrés opinent à la traduction. Le quinzième n’est jamais arrivé. Refoulé à la frontière jordanienne.

Même pour jouer au foot, partager un barbecue et prendre en photo la Grand-Place de Lille, on ne sort pas si facilement de Cisjordanie. •

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