le festival de l’art contemporain palestinien en juillet à Paris

12072016

PIOD

Festival des jeunes créateurs contemporains Palestiniens

infos sur:

http://www.institut-icfp.org/category.php?id=7329y29481Y7329




Palestine Choral festival

7072016

Unknown

 

Le Chœur Régional Hauts-de-France (ex Chœur Régional Nord-Pas de Calais) participera de nouveau cette année au Palestine Choral festival qui aura lieu du 13 au 21 Août 2016.

 

Pour boucler notre budget, nous avons mis en place via la plateforme babeldoor un financement participatif.
Vous trouverez sur la page suivante, toutes les informations relatives à notre projet :
https://www.babeldoor.com/fr/choeur-regional-hdf-palestine




Inqiétude à Qusra!

10062016

Mercredi 8 juin, l’armée d’occupation a d’abord confisqué un camion et un bulldozer aux habitants de Qusra alors que ces derniers travaillaient à la réhabilitation d’une terre agricole.

Les soldats ont également blessé deux personnes. Un homme de 20 ans a été hospitalisé après avoir été touché à la main et un autre, âgé de 55 ans, a été blessé par une grenade sonore.

Les habitants sont sur le qui-vive et ces derniers évènements ont suscité beaucoup de stress et d’inquiétude au sein de la population.

L’Autorité Palestinienne a été informé de la situation.
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La thèse d’Anissa

2082016

Notre amie Anissa Habane nous fait la gentillesse de nous autoriser à publier sa thèse de doctorat ;

Fabrique patrimoniale, culturelle et touristique dans un espace en tension : le cas des villes palestiniennes

C’est avec grand plaisir que nous vous la livrons dans le document ci-dessous :

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Les enfants du camp de Balata

28062016

Les sorties

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La Mer Morte

Les enfants du Camp de Balata n’ont jamais vu la mer. Deux anciens volontaires, qui ont donné des cours au camp, ont proposé d’amener les enfants à la Mer Morte.

Ils ont fait une campagne pour cette sortie.

Le 3 juin, nous les avons accompagné là-bas.

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Les enfants étaient très contents et étonnés de voir la mer pour la première fois. En arrivant, ils voulaient nager, comme tous les enfants.

Mais après quelques enfants ont demandé : « pourquoi vous nous amenez à la mer salée ? Il y a beaucoup de sel ! On ne peut pas aller à l’autre mer sans sel ? »!

Non, chers enfants, nous avons besoin d’autorisations, pour y aller.

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Quand ils ont découvert qu’on est juste à côté de la frontière de la Jordanie, ils ont commencé à nager plus vite pour arriver jusqu’à la côte jordanienne ; c’était comme une compétition, c’était drôle.

Merci beaucoup Dounia et Yamin.

Iftar* de Ramadan

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Le 12 juin (le 7 Ramadan)

Cette sortie était exceptionnelle : nous avons accompagné les enfants de Balata à l’hôtel Yasmeen pour fêter le mois du Ramadan et manger ensemble. C’était vers 20h00, au moment de l’Iftar

C’est le moment du coucher de soleil en Palestine. Tout s’est très bien passé. On a bien discuté, rigolé mangé. Il y avait un grand buffet. Les adultes sont allés chercher des plats pour les enfants avec les garçons, les grands garçons.

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Une fille a mis du riz pour les plus petites : ils étaient comme à la maison. Ils ont eu cette initiative de donner un coup de main.

Chaque année, pendant le Ramadan, il y a beaucoup de séries et d’émissions comme « caméra cachée » etc, et donc les enfants ont bien parlé de leurs émissions  préférées. On a pris beaucoup de photos puis on est rentrés à la maison avec des sourires et des souvenirs.

Grand merci à Amitié Lille Naplouse.

Dima

* Iftar : heure de rupture du jeûne

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film : « Case Prison » de Franck Salomé (2014)

5062016

Mercredi 15 Juin à 20h30

le Collectif Palestine du Centre social Albert Jacquard ,

113 rue Saint-Gabriel (anciennement CS saint Maurice Pellevoisin)


organise une soirée centrée sur le douloureux problème des prisonniers Palestiniens à partir de la projection du film :« Case Prison »de Franck Salomé (2014)
Actuellement, il y a environ 7000 Palestiniens dans les prisons israéliennes. A travers des interviews d’anciens détenus et de leurs familles, ainsi que des juristes et d’anciens soldats mobilisés, ce documentaire met en lumière les mécanismes d’un système d’oppression qui maintient toute une société sous la menace permanente d’un emprisonnement arbitraire.

La soirée aura lieu le Mercredi 15 Juin à 20h30, donc plus tard que d’habitude en raison des conditions de luminosité de la salle la projection sera suivie d’un débat




Inquiétant!

2062016

Message d’Abdelatheem de Qusra:

« Mardi 31 mai, l’armée israélienne a arrêté un jeune homme de notre ville. Il s’appelle Amir Ayman Farah et il est âgé de 22 ans.

De plus, depuis quelque temps, un check-point obstrue quotidiennement l’accès à Qusra. »
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L’occupant ordonne la destruction de plusieurs biens à Qusra

28052016

Mardi 24 mai, l’occupant israélien a délivré de nouveaux ordres de destruction et de confiscation aux habitants de Qusra.

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Pour le moment, trois puits ainsi que trois bâtiments agricoles, situés au sud du village, sont concernés.

Il semblerait que l’occupant ait également ordonné que soit stoppée la réhabilitation d’une route de trois kilomètres, située dans la même zone.

Quatre paysans sont directement concernés par cette menace : Hussein Mahmoud Hussein Hassan, Farid Ali Abdul Hamid Hassan, Tariq Hussein Abu Rida, Raed Musa Daas.

Dans les documents officiels émanant de l’occupant, il est stipulé que les quatre hommes ont quarante-cinq jours pour prouver qu’ils sont les propriétaires des biens dont il est question et s’ils n’y parviennent pas, si l’occupant ne reconnaît pas les titres de propriété, les paysans doivent détruire eux-mêmes l’objet de l’ordre sous peine d’une amende.

Il est à noter que la zone Sud du village de Qusra est très régulièrement, voire quotidiennement, la cible de l’armée et des colons israéliens.

 

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Abdelatheem Wadi, maire de Qusra et les habitants ont initié un nouveau projet il y a quelques années afin de lutter contre l’expansion des colonies et le vol des terres par le gouvernement israélien : construire des bâtiments agricoles et des puits sur l’ensemble les terres du sud du village, c’est-à-dire, celles qui sont les plus souvent exposées à la violence des colons.

 

De cette façon, les habitants espèrent contre -carrer l’argument israélien prétendant que chaque terre en jachère (réellement ou non) revient à l’occupant. Une autre disposition, héritée comme la première de l’Empire ottoman, prévoit que si un paysan (un colon) cultive une terre non enregistrée durant sept ans, celle-ci lui revient. Donc si l’armée israélienne empêche les paysans palestiniens d’accéder à leurs propres terres pendant sept années, il est ensuite aisé de les donner aux colons.04La construction de bâtiments sur les parcelles de terres est aussi un frein à l’implantation de nouvelles colonies ou à l’extension de celles déjà existantes autour du village. Car il est plus compliqué de voler une terre à la fois cultivée et habitée.

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Ces bâtiments agricoles, ces puits ainsi que la route ont été financés avec l’aide de différents organismes internationaux, notamment par le gouvernement néerlandais et la Fondation de secours international.




Le Nablus-Festival en images…

10052016
Nablus-Festival-2016
Album : Nablus-Festival-2016
photos du festival
53 images
Voir l'album

Rencontre avec deux Palestiniennes de Naplouse et des adhérents de notre association de retour de Naplouse le jeudi 26 mai à 18h30 (lieu communiqué sur demande à  lille-naplouse@laposte.net )




Retour de Palestine

4052016

par  Jean Cooren  (avril 2016)

Il n’est pas nécessaire d’être très courageux pour aller en Palestine. Seulement disposer de moyens  suffisants pour se payer l’avion, et surtout avoir en poche un passeport européen. La plupart du temps, on n’y va pas pour faire du tourisme, mais pour mieux comprendre ce qui se passe là-bas, tout là-bas, dans les Territoires Palestiniens, au-delà du Mur israélien qui barre l’horizon, et des clichés habituels que nous rapportent les médias. Ce voyage insolite donne au retour la force de témoigner de ce qu’on y a vu et entendu, c’est à dire d’affronter l’incrédulité de ceux qui, en France, nous pensent naïfs au point de négliger les aspects éminemment complexes de la situation. Il donne aussi la capacité d’affronter la mauvaise foi de ceux qui veulent ne voir dans le Palestinien qu’un égorgeur en puissance, croyant ainsi se montrer loyaux envers la culture juive, alors que celle-ci au contraire, en ce que j’en ai compris, prône la force de la parole et l’attention au visage de l’Autre. Comment revenir de Palestine sans dire et écrire ce qu’on y a observé, sans mettre en cause la politique ambiguë de notre pays, qui laisse un État, Israël, « ami » et « démocratique », perpétuer l’apartheid, conduire une politique cruelle d’expansion coloniale au mépris des lois internationales.

Tel Aviv, aéroport, la police des frontières, une jeune femme contrôle nos passeports, « où allez-vous ? ». À Naplouse en Cisjordanie. Le regard et la voix se durcissent. Connaît pas Naplouse, où est-ce ? (surtout garder son calme)… Nous répétons : Nablus, Sichem, in Palestine, between Jérusalem and Haïfa… Non, elle ne connaît pas Nablus, elle ne connaît pas la Palestine. Ça n’existe pas ! (nous montrons d’autres papiers, ceux de l’association Amitié Lille Naplouse, etc.. ). Conversation brève en hébreu avec sa voisine. Haussement d’épaule, moue de dédain. Et elle lâche : « la Palestine n’existe pas, il n’y a que l’État d’Israël, partout Israël ! » puis tamponne à regret et avec agressivité notre visa d’entrée. Pourquoi ce déni, pourquoi une telle haine de la part d’un fonctionnaire?

Un ami nous attend. Nous quittons l’aéroport, prenons l’autoroute, obliquons vers la Cisjordanie. Check points. Voila, nous sommes bien en Palestine. Il est quatre heures du matin. Nous croisons une file ininterrompue, interminable, de voitures. Ce sont les Palestiniens qui foncent vers Tel Aviv. Ils laisseront leur voiture au check point, attendront deux heures dans les grilles, passeront ou ne passeront pas le contrôle israélien, reprendront alors un minibus aux plaques jaunes qui les mènera sur le lieu de travail. Pourquoi une telle humiliation collective?

Quatre jours plus tard. Nous sommes dans un « village » de 6500 habitants, à 25 kms de Naplouse. Nous l’avons rejoint par un « service » régulier, au prix de détours invraisemblables par de petites routes mal entretenues, car aujourd’hui le check point de la route principale a été fermé, ça se passe souvent comme ça, nous dit-on, sans prévenir, sans motifs apparents. Nous sommes reçus par le Maire. Téléphone. On l’appelle en urgence : un cultivateur vient d’être arrêté par une patrouille militaire israélienne alors qu’il travaillait sur ses terres, proches d’une colonie. Le Maire nous propose de l’accompagner. Des champs, un paysage magnifique, trois soldats, des palabres à n’en plus finir, des coups de fil de part et d’autre. Une heure se passe sous un soleil de plomb. Un soldat  israélien se détache du groupe et nous demande de quel pays nous venons.  Puis nouveau coup de fil chez les militaires. Ils s’en vont sans rien dire. Le problème est résolu. Tous les jours, c’est comme ça, nous dit le Maire.

Yanoun est un tout petit village, situé en zone C, donc sous contrôle administratif et militaire israélien. Il n’y a plus que 38 habitants qui résistent encore, soit six familles avec onze enfants. Il est entouré de cinq colonies qui jouxtent les habitations, coupent la route directe vers Naplouse et pompent l’eau du village, la source est asséchée et il est interdit de creuser. Comment faire pour les bêtes, pour les cultures ? Une ONG internationale est venue occuper de façon permanente l’une des maisons du village, elle signale les abus, les agressions, soutient le moral des habitants qui s’accrochent à leur terre. Ils espèrent encore, mais quoi, et de la part de qui ? Comment faire cesser ce siège, ces menaces, cette persécution par l’eau ?

La ville de Naplouse paraît à première vue tranquille, aussi calme que Lille, on peut s’y promener en plein jour et en toute sécurité, les enfants chahutent, jouent, nous interpellent avec quelques mots en anglais ou en français, l’accueil est chaleureux. Mais la nuit on y entend des coups de feu, des rafales, « la musique » nous dit une Palestinienne. Les incursions de l’armée israélienne en zone A, en principe interdites, sont quotidiennes : les trois camps de réfugiés dans la ville sont visités : véhicules blindés et mitrailleuses, incursions brutales, intérieurs dévastés, parents et parfois enfants arrêtés de façon arbitraire, retenus on ne sait pourquoi ni où, mis en prison plusieurs années, puis libérés avec ou sans jugement. 20°/o de la population totale palestinienne est passée un jour ou l’autre depuis 1948 par la « case prison ». Ici c’est l’armée et la sécurité militaire qui décident, dans l’arbitraire le plus total.

Sur les routes de Cisjordanie, des colonies (settlements) surgissent un peu partout, toujours en haut des collines, avec une population très agressive envers les habitants alentour. D’un jour sur l’autre, ceux-ci se voient privés d’une partie de leurs terres sans recours possible. Coups de feu, oliviers coupés à la racine, intimidations, incendies, tout est bon pour semer la terreur… Si une parcelle de terre à proximité d’une colonie n’est plus cultivée pendant un an, elle est réquisitionnée par le gouvernement israélien. Seul obstacle à  cette expansion, la présence permanente d’observateurs internationaux (heureusement de plus en plus nombreux, beaucoup de jeunes venant de tous les pays du monde). Il faut, nous disent-ils, vivre un moment avec les Palestiniens de ces villages pour se rendre compte de la situation. Les colons sont surarmés, et répètent à leurs enfants qu’ils sont en danger permanent. Le système défensif mis en place dans les nouvelles colonies en dit long : autour du groupe de maisons, des murailles en pierre se dressent, et elles avancent à mesure que la colonie s’étend, en vagues successives, donnant au Palestinien qui vit au bas des collines le sentiment douloureux qu’il sera un jour submergé par cette armée dominatrice.

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J’ai éprouvé, vous le constatez, la nécessité de faire précéder le compte rendu de notre voyage – dont l’objectif était de refaire le point sur les possibilités de suivi en pédo-psychiatrie à Naplouse et les environs – de quelques anecdotes situant le contexte de vie des enfants palestiniens et de leurs familles. Je ne dirai rien ici de la situation économique catastrophique, rien non plus du nombre de prisonniers ou de blessés ou de morts dans chaque famille. Ceci est devenu tellement banal qu’on finirait par ne plus s’en émouvoir. Retenons seulement un chiffre : 406 mineurs sont actuellement retenus dans les geôles israéliennes. En Palestine, le contexte social et politique est donc omniprésent, source de tensions multiples, de traumatismes. La violence, évidente ou camouflée, est permanente. Chaque Palestinien y est tous les jours confronté, il s’en débrouille comme il peut. Et les Femmes en font aussi les frais. Les plus anciens serrent les dents, ou se réfugient dans la pratique religieuse. Mais les plus jeunes, nous dit-on, ne croient plus en personne, encore moins à la solidarité internationale. Le suicide étant moralement « interdit », devenir un « martyr » semble parfois la seule issue honorable.

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Nous étions donc partis à quatre dix jours à Naplouse avec un objectif précis : mener une enquête sur les moyens mis en place par l’Autorité Palestinienne et les ONG internationales ou palestiniennes, pour venir en aide aux familles ayant un enfant présentant des difficultés majeures dans le développement de la personnalité (dysharmonies évolutives, séquelles de traumatismes de guerre, autisme, etc.), afin aussi de mieux apprécier comment, en restant à Lille, il est possible de contribuer. C’est à ce titre que nous avons rencontré les représentants sur place de Médecins Sans Frontières et de Médecins du Monde, généralement bien informés sur ce qui existe et fonctionne à peu près correctement, mais aussi sur les lacunes dans la prise en charge. Ce qui  frappe le plus est la multiplication, sur Naplouse même, d’initiatives internationales humanitaires ou caritatives, venant de pays non européens que nous imaginions jusque là peu concernés (Thaïlande, Corée du Sud, Birmanie, Japon, etc..). Faute de s’insérer dans un projet politique, cette assistance, a priori généreuse, est sectorisée, avec des contours et des compétences difficilement évaluables, des objectifs flous. Elle laisse en son sein des trous où se noient les familles les plus démunies. Nous avons retenu cependant un motif d’espoir : pour la première année, sort de l’Université Al Najar de Naplouse une promotion de psychologues cliniciens, alors qu’en 2009, lors de notre première enquête, il n’y en avait aucun. A l’époque aussi, il n’y avait que sept psychiatres pour toute la Cisjordanie alors qu’ils sont désormais quatorze. L’une d’entre eux, la Palestinienne Samah Jabr, vient d’être nommée par le Ministère palestinien pour coordonner les initiatives.

Plus on s’éloigne de la ville de Naplouse et plus le déficit en moyens est considérable : dans le « village » que j’ai mentionné plus haut (soit la population d’une petite ville en France), il n’y a qu’un seul médecin généraliste et l’accès aux soins y est « payant ». Un dispensaire public inter-villages ouvre deux heures une seule fois par semaine (avec une soixantaine de patients). Pour se faire soigner, il faut donc aller à Naplouse, mais la route n’est jamais sûre, et lorsque le check point est fermé, il est impossible de passer, une jeune femme en couches y a laissé récemment la vie. Une ONG internationale itinérante ne vient que une fois par an pour faire le diagnostic du handicap lourd (moteur, visuel, auditif), mais l’appareillage ne peut se mettre en place qu’à Naplouse, avec l’aide financière éventuelle d’autres ONG.

Il en est de même de l’accompagnement psychologique spécialisé. Dans ce même village, une douzaine d’enfants en grande difficulté ne sont pas scolarisés en raison de leur handicap, ils restent dans leur famille, plus ou moins dissimulés (le diagnostic d’« autisme » n’a ici aucune résonance). D’autres enfants moins en difficulté suivent tant bien que mal la scolarité dite « normale » dans des classes surchargées (quarante enfants par classe dans quatre établissements scolaires allant jusqu’au niveau de la seconde), avec un seul professeur par établissement pour s’occuper plus particulièrement d’eux. Il ne peut être question de suivi personnalisé, pas de psychologue, pas d’orthophoniste, pas de psychomotricien. La distance (relative) par rapport à Naplouse et le coût sont des obstacles majeurs, il n’y a évidemment pas de Sécurité Sociale, ni mutuelle. Quelle aide supplémentaire peut-on apporter dans ce village, sans pratique de la langue ? De toute évidence la solution est d’abord politique, elle passe par un désenclavement de cette population qui vit sous une menace permanente.

A Naplouse même, la situation est en apparence moins dramatique vu le nombre d’ONG qui y interviennent, mais ce sont surtout les familles en capacité de demander de l’aide qui en profitent le plus. En ce qui concerne l’autisme, il n’y a ici que deux centres qui accueillent des enfants présentant ce type de troubles. L’un est proche de l’Université, c’est un établissement privé et payant (autour de 1000 shekels par mois, soit 220 euros environ, une dépense insupportable pour la majorité des familles – nous n’avons pas eu le temps de le visiter ni de connaître sa pratique). L’autre Centre est plus accessible financièrement grâce à des aides multiples (moins de 100 shekels par mois), il est situé dans le Camp de Réfugiés de Al Aïn, à proximité du centre ville, et ouvert aux enfants des deux autres camps de la ville. Où sont donc accueillis les autres enfants dits « autistes » ? Ils restent dans leur famille ou fréquentent des structures non spécialisés tels le Croissant Rouge.

Notre connaissance de la situation sur place n’est pas nouvelle. Il y a deux ans, grâce à l’ONG Project Hope, nous étions entrés en contact avec le Centre situé dans le camp, et par l’intermédiaire de l’association « Etoiles de Naplouse » avons essayé de travailler par skype à partir de Lille avec l’animatrice palestinienne et une famille. Malgré le handicap de la langue, nous avons cette fois pu travailler deux matinées entières avec des enfants, autistes à des degrés très divers, accompagnés de leur mère. Notre présence très limitée dans le temps a eu surtout pour intérêt d’apporter à l’équipe une autre façon de concevoir le symptôme, de l’aider à émerger d’un diagnostic ressenti par la famille comme funeste et définitif, à sortir du simple gardiennage , et à ouvrir la porte de la petite pièce où ils restent enfermés au motif de la sécurité. Les méthodes comportementalistes en usage sont nécessaires mais insuffisantes si elles ne sont pas accompagnées. Le responsable du camp, le médecin, et l’équipe, ont paru satisfaits de l’aide très parcellaire que nous leur apportions et ils ont souhaité poursuivre l’expérience à partir de Lille par skype. Mais il est évident qu’une présence sur place, même temporaire (deux mois minimum ?), d’un praticien ayant l’expérience d’enfants présentant des troubles autistiques aurait un impact notable sur l’équipe.

Au terme de ce court séjour, nous quittons Naplouse sur un constat : l’aide que nous sommes capables d’y apporter est une goutte d’eau, mais la solidarité internationale est un rempart contre la désespérance morale et politique du peuple palestinien. Nous pouvons entendre la souffrance individuelle et collective autour du traumatisme et la faire connaître ailleurs par la parole et l’écrit. Si limité soit-il, cet objectif reste à notre portée. Mais notre présence ne doit pas avoir pour objectif de faire taire la plainte, elle doit l’inscrire dans une mise en perspective politique, sans aucune concession à l’égard d’un État qui adopte des méthodes de domination cruelles, et maquille ses forfaits derrière un masque, celui de la « démocratie ». Comment, dans cet État qui se veut « juif », « le peuple juif » qui a tant souffert, tolère cet effacement des règles humanitaires les plus élémentaires sous l’emprise d’un sionisme nationaliste et religieux ? Pourquoi aussi cette surdité, cet aveuglement collectif, qui sévit en France dans certains milieux vis à vis de ces dérives totalitaires, Ne témoignent-elles pas d’un « non encore pensé » stupéfiant ? « Ah, mais je ne savais pas ! », a-t-on souvent entendu dire, c’était en d’autres temps et d’autres lieux.

Dans l’avion du retour, je lis cet entrefilet dans le journal belge « Le soir » du 13 avril: « une quinzaine de soldats israéliens lourdement armés ont pris position sur les toits du hameau de Zaatara, un paisible hameau situé au sud de Naplouse. Deux bulldozers militaires ont détruit une petite plaine de jeux financée par la Coopération belge à concurrence de 50000 euros.[...] Ce petit espace communautaire ne dérangeait personne. En tout cas aucun incident grave ne s’était jamais produit et il constituait une bouffée d’oxygène pour les habitants de Zaatara…. »







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